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20 juin 2007 3 20 /06 /juin /2007 19:29
folies-NB.jpg

Pour ceux qui auraient manqué un épisode, les Folies Malviennes, ce sont 24h de VTT non stop par équipes de 4, 6 ou 8 coureurs.

Autant vous dire que pour le randonneur lambda du dimanche que je suis et pour mes Frelons de potes, c’est un des grands événements VTT de notre année.

Arrivés sans aucune ambition si ce n’est de se faire plaisir en équipe (que les âmes déviantes suppriment tout de suite l’idée qu’elles ont en tête), se farcir 24h de vélo d’affilée demande un minimum de préparation et d’organisation : comment on dort ? qu’est-ce qu’on emmène comme matos? qu’est-ce qu’on mange ? Pour la boisson, on sait que ce sera de la bière mais combien d’hectolitres ? Et pour les relais, on fait comment ? …. En gros, 4 mois d’échanges de mails pour arriver (presque) fin prêts le jour J ou plutôt la veille le vendredi soir pour planter la toile.

Première mise dans l’ambiance : c’est la queue pour rentrer au camping. Les véhicules avancent au compte goutte car…c’est tellement le bourbier que les organisateurs font remorquer les voitures par des tracteurs jusqu’aux emplacements. Première bonne nouvelle pour les allergiques à la poussière : y’en aura pas !

Les 6 Bériens et les 4 Air Pillars sont déjà là en train de monter leur barnum et à vue de nez, Iklo, Margarin, Kazimor et leurs potes n’ont déjà plus trop soif… Avec Ludo et Vincent…et nos voisins, on arrive tant bien que mal à comprendre comment monter cette p…. de tente et hop ! Il est temps de dormir, l’enfer nous attend. Après cette nuit dantesque, une chose est sure : les tentes « à fond la forme » sont étanches. Des trombes d’eau se sont abattues sur le site, ça promet pour le lendemain.

Samedi matin, toute l’équipe est au rendez-vous sur le coup des 10h. Le temps de quelques allez et retours pour débarquer le matos, nous voilà fin prêts pour notre tour de reconnaissance. On est tous bien proprets, les vélos huilés…mais ça ne va pas durer !

C’est parti pour découvrir le circuit : départ plat dans un champ boueux puis, « chemins » longeant quelques vignes tout aussi collants. Sortie de cette zone par un chemin court et roulant, on longe une petite route pour rebasculer dans un petit champ et arrive  la descente. L’entrée de cette chose est déjà un enfer : grosse pente, gros dévers, grosse bouillasse. La suite est toujours en dévers mais le terrain devient moins meuble alors qu’apparaissent quelques racines traîtressses, quelques caillasses mal placées et des ruptures de pentes sympathiques. La fin tabasse un petit peu mais ça passe dans soucis. En bas du village, petite liaison bitumeuse pour arriver jusqu’à l’ île Ripôche. L’entrée de celle-ci est …un lac. 30 à 40 cm de flotte, et le fond pas bien dur : 200m pas jouables sur le vélo. Ensuite, single roulant (si, si !) puis entrée dans le bois, ça recommence à bien coller jusqu’à la guinguette et même après, quasiment jusqu’à ce qu’on retrouve le continent. Un peu de bitume, passage sous le pont puis chemin très roulant le long de la voie ferrée jusqu’au Val Manteau. Et le Val Manteau…c’est sale temps pour les gros ! 1km200 de grimpette sur un terrain impec (quand ça ruisselle, ça colle pas). La moyenne est de 12% et quelques coups de cul me font grimper les pulsations. Arrivés en haut, on revient sur la zone de départ par des chemins plats, boueux et pour finir par un passage bien merdique (injouable en vélo assez rapidement) longeant le camping. Bilan des courses (à la louche) : 1km de descente, 1km200 de grosse montée et 5 bornes de plat. Problème : une énorme moitié du plat est pourrie par la boue et il faut presque plus y forcer que dans le Val Manteau pour avancer à une allure raisonnable. Conclusion : on va en chier, et pas qu’un peu !


13h samedi : grand briefing de l’organisation générale avant le départ. Petit briefing des Frelons pour décider qui va le prendre…et c’est sur moi que ça tombe ! Là, le mot « stratégie » prend tout son sens. Partant du principe que cela va être un gros bordel rapidos sur le circuit, que ça va bouchonner, c’est pas la peine d’envoyer les plus rapides sur le premier tour. C’est pas fin ça hein ? Comme je suis tout de suite identifié (à raison) comme le plus lent de l’équipe, c’est moi qui m’y colle !

13h45 : alors qu’il n’est pas tombé une goutte d’eau depuis le petit matin, un véritable déluge s’abat sur la ligne de départ : tous aux abris !

14h et des brouettes, on s’aligne tous, comme aux 24h du Mans, 50m en face, Ludo tient mon vélo d’une main ferme.
3,2,1 Gooooooooooooooooooooooooooo! 132 allumés courent comme des dératés, enfourchent leur spad et attaquent la traversée du cloaque de  départ pour le tour d’éclatement qui porte bien son nom. Premier bouchon, première gamelle et première explosion cardiaque en voulant tenir le rythme dans cette p…. de boue de m……  
Et c’est là que je commence à comprendre que notre belle stratégie va être mise à mal. J’en bave tellement sur ce terrain pourri que je ne verrai plus un seul bouchon jusqu’au relais ! Je me tire  la bourre avec un unique confrère qui, lui aussi, a du abuser de ses forces sur les premiers km. Qui de nous deux va finir dernier de ce premier tour ???? Je le rattrape après les vignes, lui mets sa misère dans la descente, accentue mon avance sur l’île, gère la voie ferrée. Ca va le faire…  jusqu’au milieu du Val Manteau pas plus ! Il me dépose comme une fleur et je finis ce premier tour à l’agonie, bon dernier et me jurant que pour le prochain, je vais gérer mes efforts et ne pas rouler comme un porc. Passage de relais à Ludo qui commençait à prendre racine…les 24h de VTT de Mauves sur Loire sont lancées !

Notre organisation est la suivante : relais tous les tours jusqu’à la nuit, puis 2 tours chacun afin de nous permettre  de dormir un peu, et pour finir, un tour chacun jusqu’à l’arrivée. Dans l’ordre, ça fait : Bibi, Ludo, Vincent, Gildas, Joseph et François. Nous faisons 3 tours par tête de pipe jusqu’au premier relais de nuit. Moi, je me traîne, Ludo, Gildas et Joseph gèrent alors que Vincent et François vont un pneu (trop fort !) plus vite que le reste de la troupe.

Arrive la nuit et j’attaque le premier relais de 2 tours. Là, ce n’est vraiment plus la même ambiance, c’est juste…magique, j’ai pas d’autre mot. En plus, les organisateurs ont eu la bonne idée de dévier le parcours au niveau de l’entrée de l’île, on récupère un bout de bitume contre un lac à traverser à pied : personne n’a l’idée de se plaindre ! Un bon, conseil si vous voulez  profiter de la nuit : investissez dans l’ éclairage, car la magie peut vite se transformer en cauchemar ! Je finis mon relais à 1H30 et direction… le lavage de vélo pour la 3ème fois depuis le début. Réveil du prochain relayeur et repos aux alentours de 2h30. Complètement naze, sans même enlever mes pompes gorgées de flotte (grave erreur) => fauteuil à bascule, un duvet par-dessus et bonne nuit les petits !

6h du mat j’ai des frissons, je claque des dents et je monte le son… euh non, je claque des dents et j’enlève enfin mes pompes. J’ai les pieds d’un macchabée en face de mes yeux, l’odeur de rat crevé me réveille bien mieux qu’une snifette d’ammoniaque …faut faire quelque chose non ? Bon, ben toilette alors !

7h30 Mon tour revient  mais j’ai une cheville et un genou en vrac et bien froids : impossible de m’y remettre ! Ludo me sauve la mise, Vincent, Joseph assurent et Gildas n’arrive pas à se réveiller… 

10h, je reprends du poil de la bête et vais faire mon dernier tour suivi de François qui en fait 2  alors qu’un déluge s’abat de nouveau sur nos pauvres carcasses humides depuis 18 heures.

11h30 : Gildas s’est réveillé et rassemble à 18 mains le courage qu’il lui reste pour prendre un relais. Pendant son tour de galérien, les organisateurs réunissent tous les capitaines d’équipes pour nous suggérer d’arrêter a course à midi. Les bras se lèvent en un seul mouvement et les applaudissements fusent : c’est fini !
Les Frelons se regroupent pour accompagner le granit de Plugufan dans ses derniers hectomètres : à vue de nez il en bave notre breton ! Le râle de soulagement accompagnant son passage de l’arrivée me fait dire qu’il n’aurait pas fait un mètre de plus…(petites natures ces finistériens !)

Photos souvenir, tapes dans le dos, embrassades fougueuses, ça y est ! On l’a fait ensemble et dans une unité quasi parfaite : on est tous à 6 tours sauf François  7.

Résultat des courses : entre le premier tour (où j’étais dernier je vous le rappelle) et l‘ultime, on a remonté 19 places et finissons 112ème au scratch !

Heureux mais fourbus, le pire est maintenant à venir : ranger le matos du bronx de la tente et la démonter. Une fois encore, notre solidarité ne sera pas mise à mal, il nous faut être pas moins que tous les 6 pour se dépêtrer de cette ultime épreuve.

Une dernière binouze avec nos héros de voisins (les 4 air pillars sont 9ème au scratch et 2ème des équipes de 4) et retour au bercail, pourris jusqu’à la moelle, déchirés de fatigue, mais convaincus d’une seule chose : vivement les Folies 2008 => on sera là !


Les crampons :

Coup d’œil :                     2/10 sous la pluie, 8/10 sous le soleil
Mollets : 10/10,                24h c’est long, avec la boue c’est très très long
Cerveau : 7/10                 Une descente piégeuse, et….la boue !
Coup de cœur : 10/10    Ca sera encore mieux sous le soleil l’an prochain
Organisation : 8/10         Globalement très bien et pas gâtée par le temps. Réactive pour
                                            le camping et bien d’autres choses, peut être aurait-il fallu dévier
                                            tout de suite le parcours sur l’entrée de l’île et arrêter plus vite la
                                            course le dimanche matin ? Pas bien grave, ce n’est quand même
                                            que la 2ème édition, si tout avait été parfait avec la tournure des
                                            événements, cela aurait tenu du miracle ! Alors, BRAVO !


Tous les résultats et des photos sur le site des Folies ICI !
Pleins de vidéos chez mon coéquipier casqué : François !

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Published by Christophe - dans Folies Malviennes 2007
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commentaires

magnétique 07/05/2008 07:05

oui c'est vraiment de la folie...

Christophe 07/05/2008 08:10


1 an déjà !


Nicow 21/06/2007 23:09

Felicitations pour ce compte rendu super sympa(vraiment marrant par endroit !!) ca donne vraiment envie d'y aller malgré les conditions.Donc en continuant de rouler un peu et en motivant quelques bonnes ames ca devrait peut etre pouvoir le faire l'année prochaine.....Merci a vous

Christophe 22/06/2007 00:53

L'an prochain il fera beau !Inscriptions à partir de Novembre je crois

marcel 44 21/06/2007 21:41

Je viens de découvrir ton site,super bien fait et animé d'une telle passionLes folies malviennes doivent être une aventure sportive mais aussi humaine dans ces conditions, chapeau!

Christophe 21/06/2007 22:30

Merci et...bien résumé !A bientôt

biix 21/06/2007 19:12

dimanche midi, j'étais partant moyen. Depuis, j'ai oublié les galères et gardé que les bons moments. Et comme y en a eu beaucoup, je serai aux Folies 2008 !Mais comme dit Bats, on se reverra avant heureusement...

Christophe 21/06/2007 21:35

Tu l'as dit ! L'année prochaine, les Frelons vont piquer pour de vrai !

bibifoc 21/06/2007 03:51

J'adore la stratégie du début de course ;-)

Christophe 21/06/2007 07:45

tu l'as dit !Je pense que c'est peut-être à méditer pour partir en vacances cet été :"tu ne veux pas être dans les bouchons ?  alors ne roule pas, marche ! "