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20 novembre 2006 1 20 /11 /novembre /2006 19:20

AVERTISSEMENT : la première parution de cet article date de début juin. Il me semble aujourd'hui particulièrement d'actualité. 

S’il est vrai que ce n’est pas vraiment un sujet d’actualité,  on en a tellement bouffé ces derniers mois  que je profite de l’arrivée des premiers vrais beaux jours pour revenir sur celle qui a été notre fidèle compagne de l’hiver, du printemps (même le week-end dernier) et qui ne nous quittera certainement pas l’an prochain, trop heureuse de nous pourrir de bas en haut, de niquer nos roulements et nos transmissions : la boue.

Je devrais plutôt écrire les boues, car, VTTiste clairvoyant que tu es, tu as bien remarqué que toutes les boues ne se ressemblaient pas. C’est pas parce que tu as le double désavantage intellectuel d’être Vendéen et VTTiste que tu n’es pas malin pour autant !

Les gars du sud peuvent bien se la péter, ils  ne savent rouler que dans la caillasse !

Parce que pour la boue, les champions c’est nous ! (avec, à un degré moindre, nos amis bretons et normands).

Qui peut se targuer de rouler dans un département certes largement ensoleillé (du moins, c’est ce qu’essayent de faire croire les orifices du trou triste à tous les estivants potentiels), mais aussi encore plus largement sujet aux « entrées océaniques » déversant généreusement sur nos chemins terreux une quantité de flotte annuelle qui suffirait à faire pousser du maïs pendant 20 ans en plein milieu du Sahara.

Comme on est obligé de rouler dans la boue à peu près 6 mois par an (à moins de monter sur un guidon tordu en hiver) il faut mettre en place stratégie et technique pour s’en sortir sans sombrer dans le ridicule.

 

 

Vous commencez à le savoir, mon esprit cartésien et mon grand sens de l’organisation font que j’aime bien classer les choses, les mettre dans des cases, leur donner une étiquette. Pour la boue, je ne vais pas déroger à la règle.

 

 

1/ La glue : celle là, je ne l’aime pas, mais alors pas du tout. Tu roules tranquilos, le regard en alerte 50 m devant, et tu vois bien que le bourbier t’attend de pied ferme. Pas grave ! aujourd’hui, j’ai des cuisses en béton, j’ai les bons pneus, le bon développement, c’est pas 30m d’ornière boueuse qui vont m‘arrêter.

Bad trip ! Tu n’as pas fait 50 cm dans ce cloaque que tu as déjà le nez dedans après être passé par  dessus ton guidon.  C’était de la glue, de la bonne, celle qui colle, bien profonde et injouable. Tu te relèves, un peu moins fier que la minute précédente et tu te dis qu’en fin de compte, il n’y a pas de honte à faire le reste à pied.

Et là, deuxième bad trip, t’as pas bien serré tes lacets  et au premier pas dans la gadoue, cette dernière aspire littéralement  ta chaussure en faisant un « BLURP » de contentement. Tu es en chaussette, à cloche pied en train de palper cette chose douteuse pour retrouver ta précieuse godasse.  Miracle, tu la captes en moins de 30 secondes et, second miracle, la terre dont tu viens de te remplir les narines tombe au sol, repoussée par la force de ton souffle de bœuf. Et là, troisième bad trip, l’odeur que te sens d’un seul coup te rappelle que la Vendée est un des premiers département français en matière d’élevage de bovins et que tu partages souvent tes chemins avec cette population qui se fiche comme de sa première corne de l’endroit où elle soulage sa grippe intestinale : ce n’est pas uniquement de la boue que tu as sous les pieds… et meeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeerde !

En attendant le premier cours d’eau claire dans lequel tu vas te jeter, tu remontes tant bien que mal sur ta selle souillée et jure intérieurement que c’est la dernière fois que tu roules dans ce pays de merde. (bien entendu, la colère t’égare…)

 

 

2/ La bouillasse : peut-on vraiment parler de boue à propos de la bouillasse ?

En effet, la bouillasse est cette boue très, très liquide et donc très très roulante. En général, quand tu as fait une rando « bouillasse », tu as l’impression qu’on t’as crépi l’arrière train, le dos, les jambes, le ventre, la tête, tout sauf les bras.

Tu la rencontre en général dans de grosses flaques plus ou moins profondes. Le problème se trouve ici d’ailleurs, comment estimer la profondeur d’une flaque boueuse et plus opaque qu’une affaire de fausses factures d’un office HLM de la cote d’azur  ?

La solution du « lâche » : laisse passer un éclaireur, il va te faire la trace. Maintenant, si tu suce sa roue et qu’il fait le grand plongeon, tu vas plonger toi aussi.

La solution du « un peu moins lâche » : cela fait 10 mn que tu attends en vain un éclaireur. Il faut y aller. Tu la joue tellement petit en développement que, fatalement, tu bloques en plein milieu… et tu mets pied à t… euh, non, pied dans le bain. Ca te fera une bonne raison pour enfin laver tes pompes.

La solution du « téméraire » : c’est pas une flaque, une marre, un étang ou même un lac qui vont t’arrêter. Si t’arrives à 30 à l’heure, tu la passes à 30 … au moins au début. Parce qu’en général, si elle est bien longue et assez profonde, tu la finit à 5, sur un développement qu’Ullrich lui même ne penserait pas à mettre pour un contre la montre en descente avec le vent dans le dos.

 

 

3/  La gadoue : C’est la dernière, et elle est entre les 2 premières. Elle colle comme il faut, te fait apprécier d’avoir changé tes pneus slicks, mais bon, tu roules sans trop de problèmes. De temps en temps, tu secoue ton vélo pour l’alléger des 5 bons kilogs, tu chasses comme un fou dès qu’un dévers se pointe à l’horizon et les kilomètres que tu alignes fièrement comptent double. 30 bornes en hiver valent tranquillement 50 en été pour la fatigue.

Seulement voilà, on est presque en été ! Avec un peu de bol, on ne va plus voir de boue jusqu’en novembre. Je ne dis pas qu’on ne croisera pas une petite flaque par ci par là après un orage, mais comme on dit chez moi : « le mal est fait ». 

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commentaires

Christophe 17/06/2006 10:27

Merci d'avoir classé les Normands (et Bretons) dans les pays richement garnis en boue, un petit truc qui a son importance, par terrain boueux  vaut mieux éviter de coller le train du mec de devant car c'est le bain de boue complet avant et arrière assuré..

antoine 15/06/2006 17:08

Quelle plume :-)toujours aussi drôle et tellement vrais

znort 15/06/2006 18:51

Merci